Massacre de Virginia Tech et accès aux armes

L'odeur de la poudre n'était pas encore dissipée que les médias ont commencé leur charge en règle contre la législation sur les armes à feu aux Etats-Unis.

L'obtention d'une arme n'est pas trop difficile en Virginie. Il suffit d'être un résident légal sur sol américain, d'être âgé de plus de 18 ans et de subir un background check - une vérification sommaire des antécédents judiciaires, qui repousse tout de même l'obtention de l'objet convoité de 24 heures - avant de pouvoir repartir d'une armurerie avec un fusil ou un revolver.

Il faut noter que le droit d'acheter une arme est singulièrement différent du doit de porter une arme: s'il est possible d'avoir un fusil dans sa cave ou dans le coffre de sa voiture, il n'est pas question de se promener avec dans la rue. Le port d'arme est un permis autrement plus difficile à obtenir, qui nécessite un examen psychologique et requiert au moins deux mois de délai.

Tout cela ne concerne malheureusement que la vente d'armes neuves. Le marché de l'occasion est laissé à la bonne volonté des acheteurs comme des vendeurs, qui n'ont aucune obligation de contrôle. Mais comme le montre l'affaire de Virginia Tech, le marché gris des armes à feu n'est même pas en cause. Le tueur s'est contenté d'acheter un Glock 9mm neuf et une boîte de munitions d'entraînement pour 571 dollars, 36 jours avant le massacre.

Comme à chaque fois lorsqu'un tel drame survient, les avocats du contrôle des armes mobiliseront l'opinion contre le laxisme de la réglementation sur la détention d'armes à feu. Qu'on s'en offusque ou qu'on s'en réjouisse, ils n'ont aucune chance d'obtenir le succès; la détention d'armes est un droit fondamental de la Constitution Américaine, mais plus important encore, son application est définie au niveau de chaque Etat fédéral. Cela signifie que chaque Etat américain, de la Virginie au Delaware, a le droit d'édicter sa propre réglementation sur le sujet. Même si certains ont une législation plus restrictive que d'autres, toute approche globale est exclue - ce qui ramène de fait la législation américaine à celle de l'Etat le plus laxiste.  En effet, on imagine mal des douaniers opérant au niveau des frontières de chaque Etat fédéral, qui vérifieraient la conformité aux lois locales sur les armes à feu du moindre individu franchissant la frontière dans un sens ou un autre.

Du reste, la simplicité de l'arme utilisée pour commettre le massacre montre peut-être que la question est ailleurs.  L'examen psychologique du meurtrier est peut-être une piste plus prometteuse pour tenter de se protéger d'une telle tragédie à l'avenir, à supposer que ce soit possible.

Soumis par Stéphane Montabert le Mer, 2007-04-18 08:49

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