La guerre dans les rues de Rio

Avec 6000 homicides l'an dernier et 1000 personnes tuées chaque année lors de fusillades avec les forces de l'ordre, Rio de Janeiro est une ville en guerre. L'expression est contestée, mais les chiffres entrent dans la catégorie des conflits de basse intensité et les témoignages des unités spéciales de la police, qui mènent chaque jour des combats de rue à l'arme automatique et emploient des véhicules blindés, ne laissent guère de doute à ce sujet.

Cette guerre oppose donc les forces de sécurité au crime organisé, en l'occurrence des gangs mus par le trafic de drogue et pour lesquels les bas-fonds de Rio, les "favelas", sont un territoire à surveiller et à défendre. Des grenades à main, des fusils d'assaut FAL ou AK-47 , des mitrailleuses Minimi font partie de l'équipement des gangs, dont les membres sont si jeunes que certains n'ont que 11 ans. Et des renforcements de terrain sont réalisés pour empêcher l'usage de véhicules blindés.

Avec plus de 50 policiers militaires tués depuis le début de l'année, traqués par les gangs ou tombés lors des combats, cette mégapole de 11 millions d'habitants illustre ainsi une facette particulièrement menaçante : des quartiers entiers dans lesquels l'autorité est détenue par des trafiquants et autres criminels, et où les forces de l'ordre, lorsqu'elles ne cèdent pas à la corruption, sont contraintes de mener une guerre urbaine pour simplement contenir le développement de ce chaos dévorant. 

Soumis par Ludovic Monnerat le Lun, 2007-05-14 21:33

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