Une Phalange contre les tirs indirects

Le système de défense Phalanx, développé aux États-Unis voici 30 ans pour fournir aux navires de guerre une défense antimissile et antiaérienne à très courte portée, a été adapté l'an dernier pour la protection de la Zone Verte à Bagdad contre les tirs de mortiers et roquettes. Nommé C-RAM, ce développement a convaincu l'armée britannique, qui a décidé de l'installer pour protéger la base aérienne qu'elle utilise au sud de l'Irak. D'autres applications sont probables, au vu de l'importance des tirs indirects dans les conflits de basse intensité.

Le principe reste le même : des canons de 20 mm reliés à un radar puissant ouvrent automatiquement le feu, à raison de 75 coups par seconde, sur tout projectile situé à moins de 2000 mètres. Relié à des radars de contre-batterie, le C-RAM permet ainsi d'intercepter entre 70% et 80% des projectiles tirés sur la Zone Verte, avec des obus explosifs censés ne laisser aucun débris dangereux après leur mise à feu. On peut cependant imaginer que le coordination avec les mouvements aériens n'est pas simple à assurer, comme pour tout système robotique.

L'étape suivante consiste à miser sur un rayon laser de forte puissance pour parvenir plus sûrement encore à intercepter les obus et missiles en approche. Toutefois, au-delà des défis technologiques à relever pour mettre en place une telle défense, le coût du système reste prohibitif : il a en effet fallu 75 millions de dollars en 2006 pour développer et déployer un C-RAM à Bagdad. A raison de quelques centaines de francs la roquette artisanale ou l'obus de mortier en contrebande, le contraste est frappant...

Soumis par Ludovic Monnerat le Mer, 2007-05-30 19:02

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