La difficile censure des images satellites

Le lancement de satellites d'observation à haute résolution privé, le développement de logiciels de visualisation gratuits (Google Earth) et l'intégration de prises de vues aériennes ont mis à la disposition de tout un chacun des informations jusqu'ici réservées aux États les plus puissants, ou aux entreprises les plus fortunées. Avec un accès spectaculaire à des zones jusqu'ici interdites telles que bases militaires, complexes industriels et installations de recherche.

Cet accès à des informations sensibles, susceptibles d'être utilisées à des fins terroristes ou guerrières, a naturellement amené les États à exiger une censure de certaines images. C'est le cas en France , où une centaine de sites sensibles devraient être masqués, mais dont 3 seulement le sont effectivement. Ce qui d'ailleurs a pour conséquence, en raison de la censure partielle, de mettre encore davantage en évidence ces sites, alors même que la qualité des images disponibles permet effectivement un usage hostile.

Qu'en est-il en Suisse ? Le relief de notre pays et le développement des fortifications mettent les infrastructures les plus sensibles de la conduite stratégique et militaire à l'abri de ce développement à la fois technologique et commercial. Pourtant, il ne semble pas y avoir de velléité de censure, même si certains lieux ayant une certaine sensibilité sont accessibles avec un niveau de détail remarquable. Et c'est probablement la meilleure solution : le camouflage et la déception restent les meilleures réponses à l'évolution des capacités d'acquisition.

Soumis par Ludovic Monnerat le Mar, 2007-06-05 20:09

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