Soumis par Anonymous (non vérifié) le Ven, 2007-06-15 22:32
Il est intéressant de constater que l’administration américaine a une fois de plus armé des fractions sans penser aux conséquences et plus particulièrement où vont atterrir ces armes. Malgré tout on peut signaler que l'armement fourni est principalement considéré comme « léger », ce qui en soi ne constitue pas une grande menace, car la contrebande passant entre autres par des galeries entre Gaza et l'Egypte permet de fournir le même type d'arme. Pour ce qui est de la création d’un état islamique, ce dernier risque d'asphyxier la bande de Gaza. En effet les principaux points de passage avec Israël et l'Egypte ont été fermés et lesOn peut donc se demander si le Hamas va pouvoir longtemps résister, d’autant plus que le remaniement à la tête de Tsahal, ainsi que les mouvements de troupes le long de la barrière de sécurité autour de Gaza pourrait laisser croire à une intervention. Il y a donc à mon sens quatre scénarios possibles: Le premier serait de ne pas intervenir en espérant que la fermeture des frontières permettrait un retournement de la situation. Cette solution est à mon avis la moins favorable, aussi bien d'un point de vue humanitaire (Gaza est à la base un camp de réfugiés où s'entassent plus d'un million et demi d'habitants) que vis-à-vis de la communauté internationale car l'idée d'un "état islamique" et d’un possible rapprochement avec d’autres états considérés comme voyous risque de faire vivement réagir les Etats-Unis. De plus, la vision d’une population souffrant du blocus sera reprise par le Hamas pour se positionner en tant que victime. Le second serait une intervention de Tsahal. Cette dernière serait extrêmement délicate car il faut garder en mémoire les opérations au Liban et le séisme de cette demi victoire ou demi défaite. Une des critiques alors faites était le manque de préparation des troupes (réservistes), le manque de renseignements opérationnels ainsi qu’une réelle vision stratégique pour éliminer la menace du Hezbollah. On peut alors se demander si une opération contre le Hamas permettrait à Tsahal de redorer son blason. Il est vrai que le Hezbollah libanais et le Hamas ne sont pas comparables du point de vue de leur poids et soutien dans la population et dans leur armement. Malgré tout, des combats dans un territoire aussi peuplé que la bande de Gaza risquent d'être synonyme de grandes pertes, aussi bien civiles que militaires dans les deux rangs. L'opinion publique israélienne est-elle prête à accepter de nouvelles victimes dans son armée ? J'en doute. La solution serait un minimum de victimes, d'où une préparation longue et des informations suffisamment exploitables. La troisième solution serait d’aider le Fatah à renverser le Hamas. Il s’agirait alors d'agir sur deux fronts, à savoir un soulèvement intérieur dans la Bande de Gaza (ou au minimum un soutien de la rue) et d’autre part l’envoi de troupes du Fatah stationnées en Cisjordanie. Cela donnerait lieu à de violents affrontements avec une fois de plus le problème de la population civile. Le dernier scénario serait la voie « diplomatique ». Réaliste ? Ces dernières semaines plusieurs rencontres entre les dirigeants du Hamas et du Fatah n'ont pas permis de régler les différents entre les deux rivaux (répartition des portefeuilles dans le gouvernement, mainmise sur les forces de sécurités, etc.) tout au plus ces discutions ont-elles permis de mettre en place des cessez le feu très éphémères.

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