Pakistan : la peur des forces de sécurité

La série d'attaques perpétrées par des islamistes semble avoir des effets palpables dans certaines régions du Pakistan : les membres des forces de sécurité se mettent à avoir peur, à prendre des congés prolongés ou à éviter de porter l'uniforme même durant le travail. La faiblesse des forces de police en instruction, en équipement et surtout en détermination se conjugue à leur nombre insuffisant, à raison de 35'000 policiers pour 22 millions d'habitants dans la province du Nord Ouest.  La présence de 80'000 militaires ne compense par cette infériorité.

En hausse brutale depuis la chute de la mosquée rouge à Islamabad, les attentats témoignent ainsi de l'éclatement qui menace l'État pakistanais, tiraillé entre islamistes et militaires. Ils montrent également que la capacité des forces de l'ordre quelles qu'elles soient à combattre et à prévenir de telles attaques est probablement le seul rempart contre une minorité aussi extrémiste qu'ambitieuse. Une situation qui n'est pas sans rappeler l'Irak ou l'Afghanistan, et qui indique la pente au bas de laquelle gisent les États effondrés.

Jusqu'ici, le Pakistan était parvenu - grâce à une alliance opportuniste entre islamistes et militaires - à exporter sa violence intrinsèque, à destination notamment du Cachemire et de l'Afghanistan. Le Président Musharraf et son régime fondé sur le compromis instable peuvent-ils survivre malgré le retour de cette violence ? Voilà qui paraît pour le moins difficile, laissant augurer une bombe pakistanaise qui n'est pas celle que l'on croyait...

Soumis par Ludovic Monnerat le Ven, 2007-07-20 21:10

Répondre

Le contenu de ce champ est gardé secret et ne sera pas montré publiquement.