L'Europe prête à s'engager... près du Darfour

Les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne, réunis ce lundi à Bruxelles, ont approuvé les préparatifs en vue du déploiement d'une force multinationale sur territoire tchadien, dans le but d'appuyer et de protéger des policiers onusiens et tchadiens ainsi que des organisations humanitaires impliqués dans l'aide aux réfugiés du Darfour.  Pour autant qu'une résolution du Conseil de sécurité et une stratégie de sortie soient obtenus avant même le déploiement.

Concrètement, cela signifie que la France, en tant que nation-cadre, serait prête à conduire au nom de l'UE une force comptant une ossature française ainsi qu'entre 1500 et 2500 soldats européens, selon les estimations actuelles,  pour améliorer les conditions de sécurité, notamment pour les quelques 236'000 réfugiés du Darfour ayant traversé la frontière tchadienne. Mais pas question d'agir, du moins ouvertement, au Darfour même, malgré les 200'000 victimes dénombrées depuis 2003 : le Soudan refuse le projet de force multinationale sous commandement onusien.

Cette décision montre que l'UE maintient sa disposition à effectuer des missions militaires de courte durée, avec à leur terme un transfert d'autorité à des partenaires locaux ou internationaux, pour tenter de juguler des crises majeures. Mais à la différence du Congo RDC, cette mission au Tchad se situerait en marge du conflit, et donc sans aucune chance de mettre un terme à une situation dont la dimension est clairement génocidaire. Ce qui en dit long sur la capacité de l'Europe à devenir une véritable puissance, à même d'imposer son point de vue...

Soumis par Ludovic Monnerat le Lun, 2007-07-23 20:38

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