Sous-effectifs chroniques dans les forces spéciales

Comme le révèle Jean-Philippe Merchet sur son blog, Secret Défense, les forces spéciales françaises n'échappent pas aux manques d'effectifs que connaissent leurs homologues d'outre-Manche ou d'outre-Atlantique ; l'obligation de ne faire aucun compromis sur la sélection pour ne pas perdre drastiquement en efficacité opérationnelle fait que, dans un exemple extrême, le cours "nageur de combat" de l'Ecole de plongée de Saint-Mandrier s'est achevé sans qu'aucun candidat ne le réussisse.

A l'heure où la France réexamine ses opérations extérieures, qui nécessitent souvent les capacités spécifiques des unités engagées par le Commandement des Opérations Spéciales (COS), ces problèmes d'effectifs prennent une importance croissante : l'augmentation constante des opérations militaires de basse intensité valorise les capacités les plus difficiles à obtenir et à conserver au sein des armées. Chercher à faire accroitre le nombre d'opérateurs, comme aux États-Unis, se heurte à une réalité implacable.

La solution a pourtant été comprise depuis des années par les différentes armées de terre : il s'agit de faire en sorte que les unités conventionnelles, et notamment l'infanterie légère, s'inspirent des unités spéciales et intègre certaines de leurs pratiques, comme l'aspect central de l'individu, l'autonomie maximale des patrouilles, la flexibilité des approches ou l'entraînement croisé des opérateurs.  Ainsi les forces spéciales peuvent déléguer à d'autres unités un ensemble de tâches, comme l'instruction de contingents étrangers, pour se focaliser sur les missions les plus difficiles.

Le principal obstacle à un tel pragmatisme reste cependant l'hostilité générale des forces conventionnelles à ceux qui ne le sont pas, et donc l'incompréhension qui en est la base... 

Soumis par Ludovic Monnerat le Mar, 2007-07-31 16:04

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