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Valais : une opposition indécente à l'armée

Le conseiller fédéral Samuel Schmid s'est rendu hier à Sion pour mener plusieurs discussions sur le thème de la présence des avions à réaction, et notamment des F/A-18. Une association de riverains, appuyée par une pétition comptant quelque 6000 signatures, combat en effet en des termes virulents la présence des jets sur l'aérodrome militaire de Sion. Et la mobilisation très limitée des opposants ne les a pas empêchés d'être écoutés par le Chef du DDPS, venu pour présenter plusieurs mesures susceptibles de réduire les nuisances sonores.

Cette polémique sur les F/A-18 se déroule en dépit de solution alternative : après avoir cessé d'utiliser les aérodromes de guerre situés plus avant dans la vallée du Rhône (Rarogne depuis longtemps, Tourtemagne plus récemment), les Forces Aériennes ont en effet fait de Sion l'une de leurs bases principales, et en ont besoin pour assurer leur mission de police aérienne. L'emploi de Sion comme base pour les F/A-18 engagés dans le surveillance de l'espace aérien durant le WEF, en rotation annuelle avec Payerne ou Meiringen, est ainsi indispensable.

Par ailleurs, l'implantation d'un aérodrome dans une région excentrée telle que Sion est due à des besoins militaires avant tout, et la direction de l'aéroport civil reconnaît qu'il faudrait 4,5 millions de francs par année pour se passer de l'armée. Les velléités d'interdire à l'armée l'utilisation d'une base aérienne qui n'aurait pas existé sans elle relèvent donc largement du fantasme, ou à tout le moins d'une démarche revendicatrice dont les oeillères sont gigantesques. Le beurre, l'argent du beurre et une bonne part du cheptel.

Car il y a pire : voici 2 semaines que l'armée est régulièrement engagée en Valais pour lutter contre les incendies de forêt, notamment par l'emploi d'hélicoptères équipés de caméras infrarouge (FLIR) capables de détecter les foyers résiduels ou naissants, ou portant jusqu'à 2500 litres d'eau. Ces engagements se produisent régulièrement, et l'armée est la seule à pouvoir fournir des prestations décisives dans de telles conditions. Comment peut-on recourir aux services des Forces Aériennes pour lutter contre les incendies et refuser sa présence pour ses autres missions ?

Cette réalité souligne la nature infantile et indécente des oppositions aux F/A-18. Les capacités militaires dans le domaine aérien ont des conséquences au sol qui sont connues, et on ne peut bénéficier des premières tout en vilipendant les secondes. Quant à connaître les nuisances dues à l'aviation militaire et à la prendre en compte dans le choix d'un logement ou dans les investissements, on notera que l'aérodrome de Sion a été créé en 1935. Pas vraiment une nouveauté à laquelle il faudrait précipitemment s'habituer...

Soumis par Ludovic Monnerat le Sam, 2007-04-28 07:59