WeblogLes tireurs de précision américains optent pour le semi-automatiqueLes soldats de la Task Force Fury en Afghanistan sont les premiers à recevoir le nouveau fusil de précision XM110 (Knights Armament Company) en 7.62 OTAN, avec une portée jusqu'à 1 km. Cette arme va progressivement remplacer le M24 SWS (Remington) utilisé depuis la première guerre du Golfe. La principale différence réside dans le fait que le XM110 est un fusil semi-automatique alors que le M24 SWS est une arme à répétition manuelle (culasse calée à verrou fixe - culasse à rabattement), caractéristique classique pour un fusil de précision. Ce choix paraît surprenant car les fusils à lunette en semi-automatiques ont la réputation d'être moins précis (balistique intérieure plus aléatoire), moins fiables (mécanique plus complexe), plus bruyant (va-et-vient de la culasse), et plus difficile à l'entretien. L'avantage tactique le plus important est évidemment l'augmentation de la cadence de tir, puisque l'on n'est plus obligé de recharger manuellement après chaque coup. Avantage non-négligeable en milieu urbain, face à des adversaires multiples, ou pour des missions de harcèlements. Utile également pour maintenir la supériorité du feu suite à une rencontre adverse inattendue (on applique alors ce que l'on appelle en Suisse les TAI, pour "Techniques d'Actions Immédiates"). Le retour du mode semi-auto en 7.62 (on se souvient du SVD - Dragunov), permet donc de se concentrer sur l'efficacité plutôt que sur l'efficience. Ce qui remet également en cause les fondements philosophiques de la stratégie "one shot, one kill" encore très en vogue dans le milieu du tir de précision (notamment pour les plus gros calibres, du genre 8.6 ou 12.7). Au-delà du slogan hollywoodien et du prestige de toucher avec un minimum de coup, cette stratégie est souvent une source de stress et de pression psychologique pour le tireur et son spotter. Par contre, elle a le mérite de garantir une plus grande discrétion, en particulier pour les tireurs devant s'exfiltrer après avoir fait feu.
Soumis par Alain Mermoud le Sam, 2007-04-28 18:48
XM110
En l'occurrence, opposer arme à verrou et arme semi-automatique est perdre son temps : le nouveau fusil ne va pas remplacer l'ancien mais va être utilisé parallèlement à celui-ci, très probablement au sein d'équipes mixtes. Le semi-automatique sera alors à même de procurer un moyen terme intéressant entre volume de feu pour la protection de l'équipe et capacité à compléter l'action des snipers à plus longue distance. D'autre part, l'auteur a écrit : "Ce choix paraît surprenant car les fusils à lunette en semi-automatiques ont la réputation d'être moins précis (balistique intérieure plus aléatoire), moins fiables (mécanique plus complexe), plus bruyant (va-et-vient de la culasse), et plus difficile à l'entretien." C'est de moins en moins vrai : les technologies armurières ont fait de tels progrès que, à tout le moins en ce qui concerne la précision ainsi que la fiabilité, l'écart s'est, ces dernières années, considérablement réduit.
répondre
Entièrement d'accord avec votre synthèse, qui me montre que certains gourous du tir suisse continue de prôner la bonne parole, et c'est tant mieux! En termes tactiques, je pense que le sniper qui s'infiltre discrètement pour neutraliser une cible bien précise n'a pas la même fonction donc pas les mêmes besoins que le tireur de précision qui neutralise "à qui mieux mieux". Ainsi, si le one shot one kill peut être vital pour le premier, le coup par coup rapide peut s'avérer beaucoup plus efficace pour le second. Oui.
Le tireur d'élite, le véritable "sniper"* est équipé lui d'un fusil au calibre minimum de 8,6mm avec une portée pouvant aller à plus de 2km. Il aura des compétences spécifiques en infiltration/exfiltration, camouflages, survies, pistages etc. Ses buts peuvent être anti-matériels (à partir du calibre 12.7, les buts anti-personnels sont interdits par les Conventions de Genève) et il sera engagé à un échelon plus élevé (en principe au niveau bataillon), toujours en binôme (spotter + tireur).
*En français le terme est devenu assez péjoratif suite à la guerre en Yougoslavie, et le funeste épisode de la " sniper alley" à Sarajevo. Une petite précision concernant l'engagement des TE : s'il est exact que ceux-ci sont en principe engagés au niveau bataillon dans notre armée (les sections de tireurs d'élite des bataillons d'infanterie le montrent), cette notion ne s'applique pas aux bataillons de grenadiers, où les tireurs, instruits aux calibres 8,6 mm ET 12,7 mm, sont simplement engagés dans des détachements ad hoc en fonction de l'opération particulière entreprise. Il est donc parfaitement possible qu'un binôme soit attribué à un commandant d'unité, voire à un chef de section, selon la taille et la mission de ce détachement.
Je me souviens avoir vu quelques vidéos de canadiens en Afghanistan qui tiraient sur des éléments hostiles avec de la munition qui avait la fâcheuse tendance d'être explosive... Les conventions de Genève, quesa quo?? Cette vidéo est-elle disponible sur Internet ? J'aimerai bien la voir, car la désinformation est courante sur le sujet. Je me souviens par exemple du journal de France3 diffusant ces images Mme Pulvar nous expliquant que "des snipers américains abattent des talibans embusqués dans les montages", alors qu'en réalité il s'agissait de carcasses de marmottes!! (la chaîne a toutefois fait son mea culpa quelques jours après la diffusion). |