WeblogSécurité intérieure : nette augmentation des incidents dus à l'extrême gaucheLe nouveau rapport de la fedpol sur la sécurité intérieure de la Suisse nous apprend - sans surprise - que le danger numéro un reste le terrorisme islamiste, qui utilise notre pays essentiellement comme zone de repli, d'où il peut fournir un soutien financier et logistique à l'étranger. Le rapport indique également que la petite délinquance et l'islamisme sont de plus en plus souvent liés et que nombres d'islamistes sont recrutés dans les prisons. Dans un autre registre, un chiffre particulièrement éloquent évoqué par le rapport est celui de l'augmentation des incidents dus à l'extrême gauche : 62% par rapport à 2005, soit quelques 227 incidents pour la seule année 2006. Quant aux violences d'extrême droite, elles sont en légère baisse depuis le pic connu en l'an 2000 (109 incidents pour 2006), alors que le nombre de membres de cette scène ne cesse d'augmenter. Une menace qui reste donc d'actualité mais qui est somme toute en perte de vitesse, selon ce même rapport. D'une manière générale, l'attention médiatico-politique semble pourtant focalisée sur les extrémistes de droite, en particulier à l'approche de la fête nationale et de la polémique autour du Grütli. A l'inverse, le traitement médiatique des incidents dus à l'extrême gauche reste en général plus clément, moins sensationnaliste, notamment dans le champ lexical employé (on parle par exemple encore souvent "d'autonomistes" ou "d'antifascistes"), parfois à la limite de la complaisance. L'extrême gauche semble pourtant disposer d'une capacité de nuisances et de subversions plus importante - notamment grâce à ses relais et ses réseaux - que les quelques centaines de crânes pelés à peine pubères réunis une fois par année au Grütli. Il suffit de songer aux émeutes du G8 à Genève, lorsque des élus genevois de gauches et des activistes de divers ONG ont ouvertement pactisé avec les casseurs. De plus, il semblerait qu'une partie de l'extrême gauche suisse joue un rôle international via le Secours Rouge International (SRI) dont l'un des secrétariats centraux se trouve à Zürich. Sans oublier cette demande d'entraide judiciaire de l'Italie dans le cadre d'une opération menée contre les Nouvelles Brigades rouges, en février 2007. A l'heure où l'Allemagne commémore les événements tragiques de l'année 1977, marquée du sceau de la Rote Armee Fraktion, il me semble important de rappeler que le terrorisme rouge est un terrorisme comme un autre - même drapé de son voile "antifasciste" - et qu'il ne mérite définitivement aucune tolérance ou traitement de faveur. Soumis par Alain Mermoud le Jeu, 2007-05-31 23:06
Merci pour cette comparaison effectivement édifiante. Je crois me souvenir d'un exposé donné par un commissaire de la police fédérale, voici quelques années, que celle-ci produit effectivement des efforts principaux selon des priorités définies au niveau politique, dans une certaine mesure naturellement.
Pensez-vous que l'arrivée de Christoph Blocher au DFJP aurait pu avoir une influence sur ces "efforts principaux" ? Encore une fois, je ne crois pas que la même chose serait toléré pour le camp d'en face. |
Il est important de relever que d'après le rapport de la Fedpol, la violence était présente dans près de 60% des incidents impliquant l'extrême droite, et dans 65% des incidents impliquant l'extrême gauche. Comme il y a eu 109 incidents causés par l'extrême droite en 2006 et 227 causés par l'extrême gauche, cela nous donne à droite, 65 incidents violents, et à gauche... 148 incidents violents, soit plus de deux fois plus.
Je trouve également assez amusant les "principaux incidents enregistrés en 2006".
Pour l'extrême droite:
- Un affrontement violent avec des extrémistes de gauche à Winterthour,
- Deux concerts sans violences,
- Une fête du 1er août sans problèmes.
Pour l'extrême gauche:
- Violences avant et pendant le WEF (attaques avec des charges explosives, des engins pyrotechniques et de la peinture, dommages de plus de 200 000 francs),
- Affrontements violents avec la police pendant la 7e promenade antifasciste nocturne (coktails molotovs etc., plus de 100 000 francs de dégâts),
- Utilisation vraisemblables des pétards tirés du Böögg (bonhomme hiver), volé précédemment, dans les attentats contre une grande banque et des locaux de la police cantonale zurichoise,
- Combats de rue pendant la "Nachdemo" suivant les célébrations du 1er mai, 300 000 francs de dégâts
- Une fête du 1er août et une marche antiraciste sans problèmes,
- Un attentat à la bombe contre un bâtiment public de Frauenfeld (charges explosives remplies de vis et d'écrous)... le dispositif d'allumage, par chance, n'a pas fonctionné...
(Notez bien que l'affrontement avec des extrémistes de droite à Winterthour n'y figure pas... Il est "important" pour un groupe, mais pas pour l'autre...)
J'aurais une petite question: pourquoi la Fedpol n'indique-t-elle pas CHAQUE ANNÉÉE dans le rapport sur la sécurité intérieure de la Suisse, le nombre d'incidents dus à l'extrême gauche ainsi que le pourcentage d'incidents violents? La Fedpol le fait pour l'extrême droite, mais c'est la première fois qu'elle le fait pour l'extrême gauche... Serait-elle partiale ou a-t-elle reçu des ordres dans ce sens?
Comme par hasard, les médias ne parlent pratiquement pas de la violence de gauche. Elle diabolise systèmatiquement l'extrême droite et absout tout aussi systématiquement l'extrême gauche.
On pourrait donc croire que la violence au nom de l'inégalité est interdite, mais qu'elle est autorisée au nom de l'égalité.