WeblogLe "retour" de la RussieFaut-il craindre un retour à une nouvelle "guerre froide"? Les propos menaçants du président Poutine sembleraient le laisser croire, tant il est vrai que l'installation d'un radar en République tchèque et de batteries de missiles intercepteurs en Pologne semblent inacceptables pour Moscou. Depuis la chute de l'Union soviétique, la Russie s'est vue reléguée au rang de puissance secondaire et a dû assister impuissante à l'élargissement de l'OTAN aux pays baltes et à l'Europe orientale, à l'installation de bases américaines en Asie centrale, à la montée en puissance de la Chine et à un renforcement de la présence militaire américaine dans le Pacifique occidental. La quadrature du cercle en quelque sorte, alors que la Russie reste membre permanent du Conseil de sécurité, détient un arsenal nucléaire encore impressionnant, s'impose désormais comme un acteur incontournable dans le "grand jeu" que se livrent les États pour l'accès aux matières premières. Faut-il donc craindre cette résurgence russe? La réponse ne peut être que nuancée. Le traité ABM de 1972 a été dénoncé unilatéralement par les États-Unis en 2001. Un retrait éventuel russe du traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) apparaîtrait d'autant moins comme un retour à la guerre froide que les forces conventionnelles russes restent dans un état précaire et que leur modernisation est un processus de longue haleine. Face à ce qui est perçu - à tort ou à raison - comme une relance de la course aux armements, la Russie se sent menacée et mise désormais sur un renforcement de ses moyens balistiques tactiques et stratégiques, qu'ils soient nucléaires ou non. Là est le réel danger. Pour l'Europe et en particulier l'Union européenne, si absente des problèmes stratégiques, cette controverse devrait être l'occasion de s'interroger à la fois sur la nature du lien transatlantique qui l'unit encore aux États-Unis et sur sa capacité en tant qu'union à faire face à une menace bien réelle et pas seulement russe, la menace balistique.
PS
Soumis par Pierre Streit le Lun, 2007-06-04 20:58
Le régime poutinien nie
Le régime poutinien nie l'évidence en se prétendant "menacé" par les quelques missiles antimissiles qu'il s'agit d'installer dans ses anciennes colonies, comme il niait l'évidence en décrivant comme "inhumain" le fait de déplacer une statue à la gloire de l'occupant soviétique en Estonie.
Le but manifeste de ses mensonges, comme de ses menaces et de ses agressions, c'est de mutiler la souveraineté des nations anciennement asservies par l'URSS, pour tenter de faire admettre qu'elles n'auraient "pas le Droit" de faire certaines choses sans la permission de Moscou.
On a déjà vu le régime poutinien mettre à exécution ses menaces, notamment en matière de chantage aux approvisionnements et aux débouchés.
On fait encore face à ces moeurs de gangsters, mais si on y cède ce sera fini.
L'Europe et les Etats-Unis doivent cesser de faire comme si le régime poutinien était fréquentable, cesser de faire semblant de croire qu'il serait "démocratique", lui qui, comme les Ayatollahs, assassine ses opposants à l'étranger, et le traiter comme un état-voyou, ce qu'il est. : que dirait-on d'une Allemagne dirigée par d'anciens SS ?
répondre
Prétendre, comme le disent les Américains, que leur radar en République tchèque et leurs fusées en Pologne seraient destinées à contrer une menace iranienne est aussi crédible qu'un stomatologue qui prétendrait extraire une dent de sagesse par le rectum. Et le maître des Etats-voyous, dans le monde, ce sont les Etats-Unis...
Vous oubliez que ce radar et ces batteries de missiles intercepteurs ne sont que la pointe de l'iceberg. La réaction de Poutine est liée au vaste projet de cordon sanitaire antirusse, mis en place notamment via les révolutions colorées, dont le financement par l'axe atlantiste est un secret de polichinelle.
Je lis à l'instant l'interview de Poutine dans le Spiegel de cette semaine et il ne cesse de répéter que la Russie a une vocation européenne. C'est plutôt du coté occidental que la porte reste fermée. Quant à son passé, vos remarques sont infondées. Poutine vient de décerner le prestigieux Prix d'Etat à Alexandre Soljenitsyne, pas tout à fait un ancien agent du KGB. Poutine a également réconcilié son peuple avec son passé tsariste, notamment en réhabilitant des héros blancs comme le général Denikine ou le philosophe Ilyine, pas exactement des bolchéviks non plus, n'est-ce pas. Bon, il ne représentera pas l'année prochaine à la présidence mais je rappelle qu'il y a deux ans, ce monsieur à déclarer que la disparition de l'URSS était la plus grande calamité du XXe S...
La Russie essait de renouer avec sa politique impériale d'étre le "grande frére" de l'Europe. Puissance continentale contre puissance maritime, géostratégie classique.
En quoi la chute de régimes despotiques peut géner la conscience d'un Européen ? Moscou à fait bien pire avec le coup de Prague.
Il n'est pas étonnant que la Pologne et la Tchéquie préférent la protection des Etats Unis aprés les "déconvenues" de ces pays ces soixante dix derniéres années.
Munich en 1938 reste dans les mémoires à Prague...
Sinon, Poutine a marqué un point en proposant l'utilisation d'un radar commun au deux systémes ABM russe et américain dans le Caucase; Il est vraiment idéal pour surveillé le Moyent Orient.
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