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Le chaînon manquant entre al-Qaeda et le gouvernement syrien a été découvert

La semaine dernière, Ahmad Merhi, un "gros poisson" a été arrêté dans un hôtel de Beyrouth, dans le quartier d'Ashrafiyeh. De nouvelles révélations ont été dévoilées ce dimanche dans Ya Libnan. L'individu - qualifié de "terroriste très dangereux" par une source des services de sécurité libanais - vient combler un vide dans le réseau de relations supposées entre les terroristes du Fatah al-Islam et le gouvernement syrien: il était agent de liaison chargé de faire passer de façon discrète des combattants à travers la frontière libano-syrienne, pour le compte de mouvements "terroristes" locaux.

Selon la chaîne LBC, le "gros poisson" attrapé par les autorités libanaises a avoué qu'il agissait en tant qu'officier de liaison entre les services de renseignement syriens et les terroristes du Fatah al-Islam.

Ceux qui tendent à croire les terroristes comme des "rebelles" devraient réaliser à quel point nombre d'entre eux sont achetés par des régimes autocratiques: Ahmed Mehri était un "officier" d'al-Qaeda, fournissant un lien entre les renseignements syriens et le gang qui a ouvert le feu sur l'armée libanaise en s'abritant derrière les civils palestiniens d'un camp de réfugiés.

L'affaire ressemble de plus en plus à une riposte et une diversion, servant à détourner l'attention des efforts libanais pour enquêter sur l'assassinat de Rafiq Hariri, dont la piste met toujours plus en cause la complicité de Damas.
La source explique qu'al-Qaeda "n'est plus un réseau structuré. Nombre de ses membres ont rejoint des agences de renseignement et sont utilisés pour infiltrer, contrôler et orienter des fanatiques locaux inspirés par al-Qaeda pour qu'ils se lancent dans des attaques qui servent les intérêts de ces services secrets."

Le Fatah al-Islam, ajouta la source, "est un de ces groupes locaux. Ses membres adhèrent à l'idéologie d'al-Qaeda, mais ses attaques sont planifiées par les officiers de renseignement syriens."

L'abondance du matériel de falsification trouvé et les aveux que les services de sécurité libanais ont déjà réussi à obtenir du prisonnier laissent deviner une moisson de renseignement sans précédent. De part son rôle central dans le réseau, Ahmad Merhi était au courant de beaucoup de choses, capable d'impliquer des personnes tant du côté syrien que du côté des terroristes soit-disant apatrides.

Son arrestation permettra évidemment le démantèlement de toute une filière, mais elle permet aussi d'éclairer d'un nouveau jour les relations secrètes qui lient les mouvements terroristes et les gouvernements officiels. Aucun n'en sort grandi: les terroristes du Fatah al-Islam se révèlent finalement des marionnettes manipulées pour servir des intérêts nationalistes très éloignés des buts de leur mouvement, alors que le gouvernement syrien se retrouve mouillé par son implication dans une forme non-conventionnelle de guerre, très éloignée des conventions internationales.

Reste à voir quel écho sera donné à ces nouvelles en Occident et quelles mesures seront prises à l'encontre de la Syrie, en espérant que cette affaire ne soit pas enterrée trop rapidement.

Soumis par Stéphane Montabert le Lun, 2007-06-11 15:36