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Des armes U.S. aux mains du Hamas

La guerre civile palestinienne a permis au groupe terroriste fondamentaliste Hamas d'écraser le Fatah du président Abbas dans la bande de Gaza, et donc d'éliminer ses combattants eux aussi adeptes des actions terroristes. Un effet inattendu de cette victoire est que par le pillage des installations du Fatah, les islamistes du Hamas mettent la main sur de grandes quantités d'armes fournies par les États-Unis à la Force 17, l'élément de sécurité créé jadis par Yasser Arafat.

Le volume exact d'armes saisies n'est pas clair, mais il semble que 10 véhicules blindés et des milliers de fusils d'assaut américains soient tombés aux mains du Hamas. Les livraisons U. S. étaient importantes : un transfert effectué en mai 2006 portait sur 3000 fusils d'assaut, alors que les armes remises en janvier et février dernier comptaient respectivement 7000 et 8000 exemplaires. La semaine dernière, un envoi de 1000 fusils d'assaut avec 1 million de cartouches, bloqué par Israël, était même réclamé d'urgence par Abbas.

L'impact de la prise de Gaza va naturellement au-delà de ces saisies, puisqu'elle promet la création - sauf intervention extérieure - d'un territoire islamiste, avec des effets majeurs sur la sécurité d'Israël, mais aussi sur l'image des Palestiniens dans le monde. Toutefois, cette manne fournie par l'oncle Sam remet en question le bienfondé d'une stratégie consistant à armer les uns contre les autres avec des armes qui peuvent très se retourner prochainement contre des soldats américains dans la région... 

Soumis par Ludovic Monnerat le Ven, 2007-06-15 07:20
Soumis par Anonymous (non vérifié) le Ven, 2007-06-15 22:32
Il est intéressant de constater que l’administration américaine a une fois de plus armé des fractions sans penser aux conséquences et plus particulièrement où vont atterrir ces armes. Malgré tout on peut signaler que l'armement fourni est principalement considéré comme « léger », ce qui en soi ne constitue pas une grande menace, car la contrebande passant entre autres par des galeries entre Gaza et l'Egypte permet de fournir le même type d'arme. Pour ce qui est de la création d’un état islamique, ce dernier risque d'asphyxier la bande de Gaza. En effet les principaux points de passage avec Israël et l'Egypte ont été fermés et lesOn peut donc se demander si le Hamas va pouvoir longtemps résister, d’autant plus que le remaniement à la tête de Tsahal, ainsi que les mouvements de troupes le long de la barrière de sécurité autour de Gaza pourrait laisser croire à une intervention. Il y a donc à mon sens quatre scénarios possibles: Le premier serait de ne pas intervenir en espérant que la fermeture des frontières permettrait un retournement de la situation. Cette solution est à mon avis la moins favorable, aussi bien d'un point de vue humanitaire (Gaza est à la base un camp de réfugiés où s'entassent plus d'un million et demi d'habitants) que vis-à-vis de la communauté internationale car l'idée d'un "état islamique" et d’un possible rapprochement avec d’autres états considérés comme voyous risque de faire vivement réagir les Etats-Unis. De plus, la vision d’une population souffrant du blocus sera reprise par le Hamas pour se positionner en tant que victime. Le second serait une intervention de Tsahal. Cette dernière serait extrêmement délicate car il faut garder en mémoire les opérations au Liban et le séisme de cette demi victoire ou demi défaite. Une des critiques alors faites était le manque de préparation des troupes (réservistes), le manque de renseignements opérationnels ainsi qu’une réelle vision stratégique pour éliminer la menace du Hezbollah. On peut alors se demander si une opération contre le Hamas permettrait à Tsahal de redorer son blason. Il est vrai que le Hezbollah libanais et le Hamas ne sont pas comparables du point de vue de leur poids et soutien dans la population et dans leur armement. Malgré tout, des combats dans un territoire aussi peuplé que la bande de Gaza risquent d'être synonyme de grandes pertes, aussi bien civiles que militaires dans les deux rangs. L'opinion publique israélienne est-elle prête à accepter de nouvelles victimes dans son armée ? J'en doute. La solution serait un minimum de victimes, d'où une préparation longue et des informations suffisamment exploitables. La troisième solution serait d’aider le Fatah à renverser le Hamas. Il s’agirait alors d'agir sur deux fronts, à savoir un soulèvement intérieur dans la Bande de Gaza (ou au minimum un soutien de la rue) et d’autre part l’envoi de troupes du Fatah stationnées en Cisjordanie. Cela donnerait lieu à de violents affrontements avec une fois de plus le problème de la population civile. Le dernier scénario serait la voie « diplomatique ». Réaliste ? Ces dernières semaines plusieurs rencontres entre les dirigeants du Hamas et du Fatah n'ont pas permis de régler les différents entre les deux rivaux (répartition des portefeuilles dans le gouvernement, mainmise sur les forces de sécurités, etc.) tout au plus ces discutions ont-elles permis de mettre en place des cessez le feu très éphémères.
Soumis par Ludovic Monnerat le Sam, 2007-06-16 07:04

Merci pour ce commentaire très fouillé. Je crois que les 4 options présentées couvrent bien le spectre d'actions possibles du côté israélien ; toutefois, je pense que les Israéliens auront d'abord une tendance à "se laver les mains" de la situation de la bande de Gaza, au moins ouvertement, justement pour éviter les effets négatifs que vous avez décrits.

Concernant les armes américaines, il s'agit effectivement d'armes légères et leur équivalent est disponible en contrebande. Mais le symbole politique reste bien là...

Soumis par Anonymous (non vérifié) le Sam, 2007-06-16 21:51
Je pense qu'il s'agit effectivement de la solution la plus probable. En même temps la Heyl Ha'Avir va sûrement continuer de procéder à ses missions d’élimination ciblée et le Shabak tente encore de localiser le caporal Gilad Shalit enlevé il y a bientôt un an. De plus, des troupes d’artillerie sont positionnées autour de la bande de Gaza et sont prêtes à réagir en cas de localisation de sites de tir de roquettes artisanales Kassam, grâce à la surveillance des dirigeables. Bref, Tsahal veille. Pour en revenir à la montée du Hamas, d'une manière générale, cette situation paraît assez surréaliste quant on sait que le Hamas a été subventionné dans ses début par Israël, qui souhaitait créer un contre-pouvoir face à l’OLP d'Arafat (fin des années 60 début 70) et qu’à présent Israël prend position pour le Fatah. Mis à part cet élément la situation montre le désarroi dans lequel le peuple Palestinien est plongé. La corruption généralisée dans l’administration du Fatah, l’insécurité face aux bandes armées qui se font et se défont particulièrement dans la bande de Gaza, ont rapidement permis au Hamas de prendre une forte place dans l'échiquier politique. Qu’attendre d’un retour de la mainmise du Fatah sur Gaza ? L’élément le plus important serait les aides directes de l’Union Européenne et des Etats-Unis, principaux bailleurs de fonds. D’ailleurs des crédits ont été débloqués dès le limogeage du premier ministre et l'annonce de la création d'un nouveau gouvernement en Cisjordanie. Pour le reste, je suis très pessimiste.
Soumis par Anonymous (non vérifié) le Lun, 2007-06-18 00:02
Bonjour, Compte tenu de l'exigïté du territoire de Gaza, compte tenu aussi du fait qu'il y a très peu d'immeubles à étages dans Gaza, je doute qu'il y ait plus d'1 million d'habitants dans cette bande, comme le laisse accroire la doxa officielle. Je pencherai plutôt pour 500000 et avec les problèmes actuels je dirai même beaucoup moins. Quelque chose me dit que les Palestiniens gonflent les chiffres pour d'une part augmenter de façon substantielle les subsides de l'UNRWA et d'autre part susciter des sentiments compassionnel. Si vous avez des informations là-dessus, confirmant ou infirmant mon intuition, merci d'avance pour votre aide. Tzophe