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La guerre des drones

Les drones ont aidé l'armée de l'air israélienne à détruire une centaine de lance-missiles l'été dernier au Liban. Ils ont assassiné six membres présumés d'Al-Qaeda dans le désert du Yémen en 2002. Ils effectuent le tiers des missions de reconnaissance de l'armée américaine et accaparent près du cinquième du budget consacré aux opérations aériennes. Les drones ont le vent dans les voiles. L'armée américaine les utilise de plus en plus, et Israël y voit son salut face aux missiles islamistes.

Les drones sont particulièrement importants avec l'escalade des coûts de formation des pilotes et l'aversion croissante des pays occidentaux pour la mort de soldats», explique Houchang Hassan Yari, professeur au Collège militaire royal de Kingston. «La vie des aviateurs est normalement beaucoup plus chère que n'importe quoi.»

L'USAF estime que chacun de ses pilotes vaut un million de dollars pour les seuls frais de formation. Quant aux avions militaires, ils coûtent rarement moins de 30 millions l'unité. En comparaison, les drones ne coûtent généralement pas plus de 5 millions et souvent moins de 1 million. Le Global Hawk, un avion de reconnaissance à haute altitude, est l'exception qui confirme la règle: il coûte 57 millions de dollars pièce, mais est pratiquement invulnérable parce qu'il vole à 20 kilomètres d'altitude.

Deux moments importants expliquent l'évolution des drones: la perte d'un avion espion U-2, en 1960, dont le pilote Francis Gary Power est resté prisonnier des Soviétiques pendant deux ans; et l'anéantissement des batteries antiaériennes syriennes au Liban en 1982, par Israël. Le premier drone opérationnel américain, le Lightning Bug, a effectué 3400 missions de reconnaissance photographique au Vietnam avec des pertes de 16%, évitant la mort ou la capture de centaines de pilotes. Le second a convaincu les États-Unis que les drones étaient un élément essentiel de la guerre moderne.

18 juillet 2007

Soumis par Hervé de Weck le Mer, 2007-07-25 10:15
Soumis par Jean-Jacques Cécile (non vérifié) le Ven, 2007-07-27 06:12
Je constate avec plaisir que votre titre "La guerre des drones" est presque semblable à celui que j'ai choisi pour l'ouvrage que j'ai rédigé et qui a été édité en 2005 par les éditions Ellipses sous le titre "La guerre des robots". Quant à la querelle sur les mots "exécuter" et "assassiner", permettez-moi d'y apporter ma contribution. On "exécute" certes les membres d'al-Qaeda quand il est avéré que les cibles sont effectivement des membres de la nébuleuse terroriste. Mais le texte initial utilise l'adjectif "présumé" et il serait intéressant de faire une évaluation du nombre d'innocents qui ont été "assassinés" puis ensuite présentés comme ayant été des membres d'al-Qaeda pour justifier leur assassinat. Prenez le cas al-Masri : cet innocent a été kidnappé par la CIA puis "interrogé" avant que, quelques mois plus tard, les services de renseignement qui avaient commandité son kidnapping se soient eux-mêmes rendus compte qu'il était innocent. Combien ont été "assassinés" sur la foi d'allégations non vérifiées au lieu d'avoir été kidnappés ? L'épilogue de l'affaire al-Masri est la suivante. Psychologiquement perturbé par les actes de torture qu'il a subi, al-Masri a mis le feu à un supermarché allemand. Morale de l'histoire : l'erreur de la CIA a transformé un innocent en terroriste. Bonnes gens, dormez en paix... Le droit de vie et de mort que divers services de renseignement et d'action clandestine se sont arrogés sous l'égide de la "Global War on Terrorism" doit être contrebalancé par l'exercice d'un discernement exacerbé. Sinon, l'on va à l'encontre d'une règle essentielle en matière de guerre non-conventionnelle, à savoir celle que les anglo-saxons résument avec l'expression "Hearts and minds". Est-ce le cas ? N'est-on pas plutôt dans un cas de figure du genre : "tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens" ? Ou peut-être devrais-je écrire : "assassinez-les tous, Allah reconnaîtra les siens"...
Soumis par Hunden (non vérifié) le Jeu, 2007-07-26 05:58
On n'"assassine" pas des membres d'al-Qaïda : on les "exécute".
Soumis par Netchayev (non vérifié) le Jeu, 2007-07-26 17:47
Entièrement d'accord, Hunden... J'ai tiqué sur le terme "assassiner" et j'aurai mieux accepté "éliminer" mais Ludovic préfère utiliser un terme plus "diplomatique" et moins engagé que nous envers cette vermine qu'il faut "liquider" sans retenue ni remords...
Soumis par Frédéric (non vérifié) le Mar, 2007-07-31 09:40
Pour en revenir au drones, le risque étant qu'il "perfectionne" de plus en plus, les couts vont allez en explosant et devenir autant cher qu'un autentique chasseur...
Soumis par Messerschmitt (non vérifié) le Mer, 2007-08-01 06:43
Il y a une marge, parce qu'aux couts de formation des pilotes déjà évoqués, on doit rajouter le salaire et la retraite des pilotes, l'infrastructure (physique, administrative...) qui leur est nécessaire, les aides aux familles... Les drones n'ont pas besoin d'être formés, donc pas de couts en carburant, avions d'entrainement, pièces détachées... Dernier aspect, outre leur endurance supérieure, les drones seront aptes à effectuer des manœuvres entrainant des accélérations/décélérations qui tueraient ou assommeraient un être humain. L'ordinateur encaisse mieux les "G"...
Soumis par Ludovic Monnerat le Mer, 2007-08-01 07:16

Oui, mais il faut également voir l'ensemble de la question : il est aujourd'hui inimaginable d'engager des drones sans avoir au moins un être humain dans la chaîne de commandement tactique, que ce soit pour piloter le drone et engager ses systèmes d'armes ou d'exploration (situation actuelle), ou au minimum pour ordonner l'ouverture du feu. Inimaginable bien entendu pour des raisons morales, mais l'entraînement de cette chaîne de commandement implique tout de même des coûts.

Peut-être que la meilleure solution sera comme toujours un compromis, à l'instar des essais menés en Grande-Bretagne où un pilote embarqué sur un jet commande un essaim de drones volant près de lui...