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Le Vénézuela surarmé par la Russie

Cette semaine, un contrat portant sur la vente de 5000 fusils de précision Dragunov russes au profit du Vénézuela a une nouvelle fois mis en évidence la démesure des acquisitions d'armes effectuées par le régime de Hugo Chavez. Ce type d'arme, en soi, n'est pas anodin : les 800 fusils au calibre 12,7 mm vendus par la société autrichienne Steyr à l'Iran n'ont mis que 45 jours avant de se retrouver dans les mains d'un insurgé irakien et de faire leur première victime américaine ; plus de 100 armes ont été récupérées en Irak, mais elles ont permis de tuer plus de 170 soldats britanniques et américains.

Dans la mesure où les forces armées vénézuéliennes comptent environ 57'000 soldats, ces 5000 Dragunov sont clairement trop nombreux par rapport aux besoins : le rapport fusil de précision / nombre de soldats est ainsi 10 fois plus élevé que dans un bataillon d'infanterie suisse. Et ceci d'autant plus que 100'000 fusils d'assaut russes AK-103 ont été livrés depuis 2006, officiellement dans le but de remplacer 60'000 FAL, alors qu'une usine capable de produire 50'000 AK-103 par an devrait ouvrir en 2010 au Vénézuela.

Historiquement, la profusion d'armes automatiques légères est l'un des facteurs qui a le plus augmenté la capacité matérielle des mouvements irréguliers à pratiquer la guérilla contre des forces armées modernes en leur infligeant des pertes sensibles. Ce surarmement en cours du Vénézuela laisse donc penser qu'un potentiel important de déstabilisation régionale est en train d'être généré, et que les États-Unis risquent d'avoir à gérer des conflits de basse intensité bien plus près de leur sol national qu'actuellement. 

Soumis par Ludovic Monnerat le Sam, 2007-08-18 08:58
Soumis par stephane (non vérifié) le Mar, 2007-08-21 10:46
Cet article laisse songeur quand on pense aux missiles MILAN livrés par la France et Sarkozy à la Libye...