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Afghanistan : une mission européenne en panne

Une mission européenne acceptée en mai dernier et visant à former des policiers et gardes-frontière afghans, avec un contingent de 160 policiers, connaît un démarrage pour le moins difficile : le cours mis sur pied ne compte pour l'instant aucun participant. Présents dans le pays depuis le mois de juin, les experts européens se sont greffés sur des unités existantes pour tenter de transmettre leur savoir-faire, mais cet échec souligne la difficulté d'une démarche de construction de nation dans un pays qui précisément n'en est pas une.

Si la formation de troupes locales, à la fois militaires et civiles, est perçue comme l'effort principal de la mission alliée en Afghanistan, et donc la stratégie de sortie des chancelleries européennes, la transmission de compétences et de capacités sécuritaires à des individus étrangers à l'idée de service public ou de gouvernement national aboutit immanquablement à renforcer les chefs de guerres et autres leaders locaux ou tribaux qui font la loi dans leur coin de pays. La vénalité des loyautés y contribue lourdement.

Il paraît donc inéluctable que les divisions propres à Afghanistan doivent en définitive être acceptées et exploitées, au lieu de chercher à les combler. Cela pourrait rappeler une démarche impérialiste visant à opposer les uns aux autres pour son propre profit, mais l'objectif d'une opération militaire n'est-il pas de protéger ou de promouvoir des intérêts nationaux ? La stratégie et la morale ne font pas toujours bon ménage, mais l'une sans l'autre et inversement mène assurément à l'échec.

Soumis par Ludovic Monnerat le Jeu, 2007-08-23 20:06