WeblogSécurité 2007 : l'armée oui, mais sans moi ?L'enquête d'opinion annuelle réalisée par l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, "Sécurité 2007", est un baromètre utile de l'évolution des perceptions et des convictions en matière de sécurité générale au sein de la population suisse, mais également au sujet de l'armée. La dernière mouture présente des résultats intéressants : si environ 3 Suisses sur 5 jugent l'armée nécessaire et 4 sur 5 soutiennent ses engagements à l'étranger ou en appui de l'Euro 08, ce qui déjà paradoxal, moins de la moitié soutiennent encore le système de la milice. Les évolutions importantes des résultats dans certains domaines appellent certes à la prudence. Malgré cela, la conclusion qui s'impose sur la base de ces chiffres est claire : si les Suisses sont nettement convaincus par les prestations que fournit l'armée dans le cadre de la sécurité au quotidien, en deçà ou au-delà des frontières, ils le sont moins par les prestations générales qui intègrent la notion de défense, et surtout ils ne s'imaginent pas nécessairement y contribuer par leur engagement personnel dans le cadre de la milice. On atteint même un paradoxe en considérant que 77% des Suisses selon l'enquête veulent une armée bien instruite et bien équipée, et que seuls 43% d'entre eux veulent une réduction de son volume ; à moins d'une augmentation massive du budget militaire, on voit mal comment y parvenir. De même, si 42% des Suisses âgés de 20 à 29 ans jugent l'armée nécessaire, ils sont 61% dans la même tranche d'âge à préférer une armée de métier, ce qui montre bien à quel point les opinions divergent entre les outils et leurs prestations. La question du "oui, mais sans moi" a également été posée dans l'enquête, et 30% des Suisses interrogés ont effectivement déclaré que la défense nationale peut être une tâche importante, mais qu'ils veulent être le moins possible touchés par elle. En conclusion, on peut donc dire que les Suisses ont des perceptions et des convictions sur l'armée qui s'éloignent régulièrement de la réalité, et qu'un travail de communication et de persuasion à ce sujet est nécessaire. Soumis par Ludovic Monnerat le Dim, 2007-08-26 06:39
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