De fortes tensions existent au sein du gouvernement suédois sur la question du budget de la défense : selon l'hebdomadaire Defense News du lundi 20 août, le Premier ministre Fredrik Reinfeldt a ainsi publiquement désavoué le Ministre des finances Anders Borg, qui avait annoncé des coupes importantes dans les fonds consacrés aux forces armées, soit 600 millions de dollars sur 3 ans. Réduction, maintien ou augmentation : toutes les options sont encore ouvertes pour le budget de la défense, qui cette année atteint 6 milliards de dollars.
Le commandant en chef des forces armées, le général Syrén, a pour sa part souligné dès 2006 que le budget est insuffisant, après une diminution de 20% depuis 1990. Il a rappelé récemment que des coupes supplémentaires auraient des "effets dramatiques sur la sécurité nationale", et qu'il n'est pas possible de modifier le budget sans d'abord fixer les changements attendus à long terme dans les tâches de défense que doivent remplir les militaires. Le Ministre de la défense a également refusé ces coupes.
Du point de vue de la Suisse, ces débats sont fort intéressants : le lien entre missions et moyens est clairement affirmé, et le volume du budget discuté dans la perspective des tâches à accomplir. Choses qui chez nous n'existent pas : l'Armée XXI a été construite sur la base d'un budget de 4,3 milliards de francs, et le fait que ce dernier soit nettement inférieur n'a jamais donné lieu à une redéfinition des missions. Au contraire, ce sont les prestations de l'armée qui ne cessent d'augmenter, alors que ses problèmes financiers se multiplient...