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Symétrie, dissymétrie, asymétrie

A force d'entendre des exposés sur la guerre dite "asymétrique" ou de lire des articles qui mélangent allègrement trois modes opératoires, il n'est pas inutile de revenir sur certains "fondamentaux". A cet égard, le règlement «Conduite opérative XXI (COp XXI)» de l'armée suisse fournit les éléments nécessaires:

1) Les conflits peuvent avoir lieu de manière symétrique, dissymétrique ou assymétrique. Dans les faits, ils se caractérisent par une combinaison de ces trois formes (chi 31). Définir la deuxième guerre du Liban comme un conflit seulement asymétrique est donc erroné. L'utilisation de vecteurs balistiques contre des concentrations de populations civiles n'en est sûrement pas le signe. Que ce soit pendant la Seconde Guerre mondiale (V1 et V2) ou pendant la guerre irako-iranienne, ce mode opératoire a été largement utilisé.

2) Dans un "conflit symétrique", les objectifs poursuivis par les partis en présence (de l'échelon tactique à l'échelon stratégique) sont semblables (chi 32).

3) Dans un "conflit dissymétrique" - qu'on tend à confondre avec le conflit asymétrique -, les objectifs recherchés par les partis en présence restent comparables. Le déséquilibre des moyens (sur le plan doctrinal, organisationnel ou matériel) permet cependant à l'un des protagonistes de prendre l'avantage et de l'exploiter (chi 33).

4) Dans un "conflit asymétrique", "un parti en présence ne veut ou ne peut pas mener le combat de manière (dis)symétrique en raison de son infériorité (sur le plan de la doctrine, des structures et des moyens) et tente, par conséquent, d'exploiter de manière ciblée les vulnérabilités adverses (telles que l'opinion publique, les sensibilités culturelles, juridiques ou ethniques)" (chi 34). Les attentats du 11.09.01 sont l'exemple paradigmatique, à l'instar de la tentative avortée qui débouche sur l'assaut de Marignane (1994). En outre, "les forces armées doivent respecter les principes du droit international des conflits armés (DICA) sans que la partie adverse ne le fasse nécessairement".

De la bonne compréhension de ces trois formes dépendent l'image que l'on se fait de l'adversaire ou de la partie adverse et in fine les missions que l'on assigne aux forces armées.

 

PS

 

Soumis par Pierre Streit le Dim, 2007-09-23 14:17