Ca commence dans moins d'une semaine, le compte à rebourd bernois me l'a remis à l'esprit ce matin sur le chemin de mon travail. Comme si j'allais l'oublier! Il n'y a plus que ça. Tout tourne là-autour. La grande bastringue footballistique va bientôt débuter avec son flon-flon habituel, ses petits drapeaux, partout, partout. C'est fou comme la fibre patriote s'associe facilement au ballon rond. Je ne sais pas quel cri d'oiseau suisse il faut associer au "cocorico" français mais là, j'en ai presque la nausée. Drapeau suisse rectangle avec pub Carlsberg, drapeaux suisses sur les voitures, ambiance cortège diplomatique, drapeaux suisses aux balcons faisant concurrence aux drapeaux portugais, espagnols, français ou turcs: tiens, dans ce quartier, c'est plutôt rouge et vert, là, plutôt rouge-blanc-bleu... Drapeaux suisses dans les vitrines pour vanter des nouveaux caquelons à fondue, du coup que des supporters hollandais auraient envie d'en manger une petite avant de monter dans les gradins. Drapeaux suisses, drapeaux suisses, drapeaux suisses.
Impréssionnant de voir le réveil de la fibre patriotique du buveur de bière helvétique après le troisième but et la dix-septième bière. Impréssionnant de voir cette suspente de linge national aux balcons de nos concitoyens à l'avant-veille du coup de sifflet.
Mais qu'ont-ils fait tous ces braves patriotes, le jour où il a fallu voter, servir ou montrer un élan de solidarité? Où étaient-ils le jour où il a fallu porter le drapeau suisse sur la manche d'un uniforme? Où étaient-ils le jour des bonnes actions pour l'ensemble?
Le patriotisme "petit drapeau" passera comme passent les mi-temps et sous peu chacun retournera à son marasme individuel où la nation ne représente plus grand'chose et où l'affichage d'un drapeau peut paraitre fachisant.