RevueCoup de froid sur la promotion de la paix
Le communiqué de presse diffusé cet après-midi sur le sujet est assez clair : la volonté du Conseil fédéral d'augmenter l'engagement des militaires suisses dans des missions de promotion de la paix a été désavouée. Rappelons que cette stratégie annoncée en juillet 2006 mentionnait plusieurs options pour le volume des troupes déployées à l'étranger :
La division profonde dont témoigne la classe politique sur l'orientation de l'armée en général et sur les missions à l'étranger en particulier s'est pleinement manifestée, vu les membres de la commission se sont finalement prononcé à 11 voix contre 11, avec la voix prépondérante du président, contre la stratégie du Conseil fédéral. Une fois encore, c'est une alliance entre la droite nationaliste (refus des missions pour l'armée à l'étranger) et la gauche antimilitaire (refus de missions de stabilisation confiées à l'armée) qui a permis d'obtenir un blocage, tout comme pour le programme d'armement 2004 avec le refus des avions de transport. En année électorale, ce vote aura naturellement un effet négatif sur le développement de l'armée : on peut imaginer que toute démarche visant à renforcer l'action des militaires suisses dans la promotion de la paix sera suspendue ou du moins fortement ralentie, le temps que les élections fédérales amènent un renouvellement des parlementaires et, comme chaque camp l'espère, une évolution des rapports de force. Du coup, l'une des trois missions de l'armée n'obtiendra toujours pas les moyens nécessaires pour rendre l'action de la Suisse comparable à celles d'autres Etats neutres comme l'Autriche ou la Suède. Pour l'armée, la décision de développer ou non les missions de promotion de la paix n'a pas de conséquences dramatiques : le volume de troupes engagées et la place accordée aux missions à l'étranger ont toujours été trop réduits pour que le bénéfice opérationnel de ces missions, en termes d'expérience, bénéficie beaucoup au développement des capacités militaires. En revanche, il reste particulièrement difficile d'accepter que la classe politique se montre incapable de fixer des objectifs clairs, de tracer une ligne pour la stratégie du pays et de s'y tenir. La fin du consensus ne réjouit pas les états-majors.
Lieutenant-colonel EMG Ludovic Monnerat Soumis par Ludovic Monnerat le Mar, 2007-01-30 19:55
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