Revue

Armée : le changement dans la continuité


CdALe Conseil fédéral a nommé aujourd'hui le nouveau chef de l'armée et le nouveau commandant des Forces aériennes. Les titulaires des postes ad interim sont ainsi confirmés dans leur fonction.

Deux nominations très attendues ont été rendues publiques ce mercredi 25 février : les divisionnaires André Blattmann comme CdA et Markus Gygax comme cdt FA, tous deux étant promus au grade de commandant de corps au 1er mars 2009.

Ce sont ainsi les conséquences directes de l'accident de la Kander et de l'affaire Nef sur le commandement de l'armée qui s'estompent : dans quelques jours, l'armée suisse comptera à nouveau 3 commandants de corps à des postes prévoyant un tel grade.

 

Pas de grande surprise

Ce changement dans la continuité n'est pas une grande surprise au sein de l'armée : parvenu à la tête de l'armée suite au départ contraint de Roland Nef, le divisionnaire Blattmann a en effet convaincu à l'intérieur comme à l'extérieur des rangs par une combinaison de pragmatisme, de clarté mais aussi de courage. Il en va de même pour le divisionnaire Gygax, qui avec sa nomination marque le retour officiel d'un pilote aux commandes des Forces aériennes, ce qui n'avait plus été le cas depuis le commandant de corps Carrel.

En revanche, la nomination d'un homme jeune comme André Blattmann (52 ans) comme chef de l'armée s'inscrit en contradiction avec l'intention avancée un temps par le nouveau chef du DDPS, Ueli Maurer, qui considérait le choix d'un homme plus âgé pour avoir une action, ponctuelle et profonde, sur l'institution militaire. C'est ainsi que le nom du divisionnaire Solenthaler était notamment avancé dans les médias la semaine dernière, encore que cette manière de procéder peut avoir joué un rôle pour le choix du Conseil fédéral.

Le divisionnaire Blattmann a entrepris ces derniers mois un certain nombre de réformes qui sont maintenant en phase de concrétisation, comme par exemple le rassemblement des grands états-majors à Berne dans le sens d'une concentration de la conduite et d'une économie des ressources. Ces réformes, qui vont également dans le sens des lignes directrices d'Ueli Maurer, vont donc se poursuivre, et cette continuité dans le changement est sans doute une chose positive. Le nouveau chef de l'armée va ainsi adapter l'Armée XXI aux nouvelles conditions-cadres et conduire le développement d'un nouveau modèle, sur la base du prochain rapport sur la politique de sécurité.

Le choix d'un réformateur réputé moderne et pragmatique a également une influence sur un sujet pour le moins sensible : la coopération avec l'étranger et les engagements hors de nos frontières. En nommant un homme favorable à l'ouverture mais attentif aux débats de politique intérieure, le Conseil fédéral a affirmé aujourd'hui sa volonté de synchroniser durablement l'aspect militaire de la politique de sécurité avec sa politique étrangère. Ceci risque de confronter André Blattmann a des discussions un peu tendues avec son chef de Département, mais c'est également conforme à l'orientation générale de l'exécutif fédéral, confirmé régulièrement en votation populaire.

En conclusion, il faut féliciter les 2 nouveaux commandants de corps de notre armée et également leur souhaiter plein succès dans la poursuite de leurs activités, dans une période de turbulences et d'incertitudes qui confronte les décideurs militaires à des défis tels que l'armée n'en avait pas connus depuis très longtemps.

 

Rédaction RMS

Soumis par Ludovic Monnerat le Mer, 2009-02-25 13:54