RevueLa journée des cadres 2010 du DDPS
C'est dans la forêt du Forst, près des champs de bataille de Laupen et de Neuenegg, qu'Ueli Maurer a rassemblé les cadres de son Département le lundi 18 janvier, afin de leur communiquer ses lignes directrices et ses objectifs pour l'année en cours. Le chef du DDPS a mis en exergue la confiance, le courage et l'esprit d'équipe comme les conditions essentielles du succès, hier comme aujourd'hui. Il a également exhorté ses cadres à montrer l'exemple, à être toujours exigeant et à collaborer entre eux, avant de résumer les efforts principaux à produire. Dans un petit matin plutôt sombre et glacial, ces propos énergiques n'ont cependant guère eu l'heur d'éclairer des subordonnés déstabilisés et divisés par la situation actuelle, notamment au sein de l'armée.
Un rassemblement unique Ueli Maurer tenait à symboliser la différence de son Département et de ses cadres, venus de tout le pays à 0715 un lundi matin avec pour seul point de contact la gare de Brünnen près de Berne, et donc à faire se lever une partie d'entre eux au milieu de la nuit : c'est pour lui le symbole de subordonnés extraordinaires, capables de se rassembler et de serrer les rangs pour une cause commune. En appelant à atteindre les objectifs communs et à mettre de côté les avis personnels, il a ainsi fait une illustration frappante de la notion de discipline, qui est au cœur du fonctionnement de toute armée digne de ce nom. Pour le chef du DDPS, les circonstances sont graves, qu'il s'agisse de la situation budgétaire de l'armée ou de la situation stratégique internationale, et elles exigent un engagement extraordinaire, mais aussi le courage d'entreprendre, de prendre des voies nouvelles pour obtenir des solutions. Et seule la mise en commun de toutes les énergies permettra de parvenir au succès : « collaborer étroitement et avec loyauté, penser et agir en réseau, procéder et aller de l'avant de manière homogène et coordonnée. » Prenant pour exemple la victoire décisive obtenue par les Confédérés lors de la bataille de Laupen, mais aussi la victoire sans lendemain emportée par les troupes bernoises à Neuenegg, Ueli Maurer a annoncé sa volonté d'aborder l'année en ordre de bataille et de prendre des décisions. Ceci passe notamment par les efforts principaux fixés pour l'armée au cours de cette année, et que l'on peut résumer ainsi :
L'insistance du chef du DDPS à souligner la fidélité ou la loyauté n'aura échappé à aucun des cadres militaires rassemblés autour de lui : face à des budgets en constante régression, face à des coupes importantes également sur le plan du personnel, les luttes et discordes internes, la concurrence entre organisations mobilisent une grande partie des énergies au sein de l'armée. Les discussions incessantes, les remises en question systématiques, ou même les tensions entre grands chefs, sont aujourd'hui la règle. L'intérêt général se dissout dans la défense des intérêts sectoriels. Il faudra davantage que des discours percutants pour former des rangs compacts, pour avoir un seul sens de marche. A dire vrai, les cadres de l'armée concentrés dans la campagne bernoise, et que quelques mouvements de gymnastique et un petit-déjeuner rustique réchaufferont, n'ont pas appris grand-chose. La situation très difficile de l'armée leur est connue ; les incertitudes de son commandement ne leur échappent pas. Ce qu'ils attendent avant tout, ce sont des décisions prises par les chefs compétents - c'est-à-dire politiques - et leur application par toute la hiérarchie militaire. Le modèle actuel de l'armée a été mis hors-jeu par l'inadéquation des moyens humains comme financiers. Des choix doivent être faits sur le plan des missions, de la doctrine, du volume, du mode de service ou encore des structures. Ces choix ne peuvent être faits par les militaires : ceux-ci n'ont pas le loisir de renoncer aux missions qui leurs sont confiées, et doivent faire avec les conditions-cadres qui leur sont créées. Personne ne doute de l'énergie d'Ueli Maurer, ni de sa volonté de s'engager pleinement pour notre l'armée de milice. Mais ce sont des décisions, de sa part comme des autorités politiques en général, qui sont à présent nécessaires.
Lt col EMG Ludovic Monnerat Soumis par Ludovic Monnerat le Mar, 2010-01-26 21:14
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