RevueForum Sécurité et Relations internationales
Les activités et les présentations ont été articulées autour de quatre thèmes principaux:
Dans son introduction, le col EMG Alain Vuitel, chef de la doctrine à l'Etat-major de planification de l'armée (EM plan A), a montré les changements de paradigmes dans l'appréciation des menaces, des forces et des actions militaires. Le défi de la transformation des forces est lié au degré de réalisme et de conviction dans l'appréciation des risques, mais aussi à la gestion adéquate des parcs importants de matériels obsolescents (« legacy forces ») dont le maintien en activité grève le budget et retarde les réformes. Une force moderne se doit de posséder quatre qualités principales: polyvalence, capacité à collaborer, ressources suffisantes et adaptabilité. Les forces armées du futur devront être capables de réaliser deux types de missions: le contrôle de la violence (stabilisation) d'une part, l'application de la force (contrainte, dissuasion) d'autre part. Dans le premier atelier, consacré à l'évolution des menaces et des types de conflits, John King a justifié l'abandon de la guerre en tant que « poursuite de la politique par d'autres moyens ». En effet, l'avance technologique et capacitaire américaine, le développement d'armes de destruction massive, le nombre croissant d'Etats démocratiques, la recherche d'un status quo et de nouveaux champs d'affrontement expliquent la diminution du nombre de conflits internationaux. Gyula Csurgai a évoqué l'utilité de l'approche interdisciplinaire et géopolitique pour analyser les risques et frictions potentiels sur le long terme. Claude Rakisits a présenté une analyse détaillée de la situation en Afghanistan et au Pakistan; il en a évoqué les enjeux -l'OTAN y joue sa réputation- et les solutions, qui passent par le renforcement des contingents déployés sur le terrain. Yucel Yuce a présenté les causes et la classification de groupes terroristes internationaux; il a démontré la modernité et la flexibilité structurelles de certains groupes, à l'instar d'Al Qu'aida. Oskar Baffi a fait une présentation remarquée sur l'utilisation par les agences de renseignement et la diplomatie américaine d'organisations non gouvernementales (ONG) pour induire et pousser à des changements politiques, voire à des révolutions, dans les satellites et les républiques ex soviétiques. La seconde session, en parallèle, a permis d'écouter le commandant remplaçant de la région territoriale 1, le col EMG Hans Georg Lüber, parler de la gestion de crise dans les domaines civil et militaire. David Humair, de l'EM plan A, a évalué les risques du terrorisme par le biais de substances ou d'armes de destruction massive. Antoine Wasserfallen, de l'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL), a estimé le montant des coûts liés à la sécurité et à la sûreté dans la gestion de chantiers et de projets. Anibal Jaimes a présenté les origines latino américaines des prises d'otages et du chantage sur les expatriés ou les employés d'entreprises multinationales. Stéphane Koch a présenté les risques liés aux réseaux informatiques et à la cyber criminalité. Enfin, Sébastien Schröder a évoqué les principes et l'organisation des opérations d'information - version moderne de la propagande. Pour lancer la seconde partie de journée, Fred Tanner, directeur du GCSP, a présenté une vue d'ensemble des défis sécuritaires contemporains. Le divisionnaire Dominique Juilland, président de la Revue militaire suisse, a démontré la vulnérabilité des sociétés modernes, évoquant en particulier son expérience personnelle dans le domaine de la sécurité énergétique helvétique. Raymond Sayegh, après avoir défini et classé les différentes formes de la neutralité, a démontré son utilité et son influence sur la position et la politique étrangère de la Suisse. Jean-Marc Rickli et Alexandre Lambert ont mis en perspective les types de risques auxquels les petits Etats doivent faire face, ainsi que leurs capacité à coopérer. Philippe Mouchet, coordinateur de la Recherche opérationnelle, a brossé un rapide état des lieux des outils de gestion et de planification en Suisse; il a montré son évolution à partir de modèles techniques de probabilité et de précision vers des systèmes sophistiqués de validation de doctrines et d'organisation tactique et opérative. Et le col Hervé de Weck, ancien rédacteur en chef de la RMS, a montré l'importance des discussions opératives et stratégiques entre l'armée suisse et ses voisins au cours du XXe siècle. Le succès et la participation au Forum ont poussé à créer un quatrième atelier consacré à la stabilité de l'Afrique. Stuart Kingma a présenté les conséquences démographiques, sociales et politiques de la pandémie de SIDA. Le maj EMG Hans Jakob Reichen a fait une présentation fascinante sur son expérience d'une année en tant qu'officier d'information (PIO) en République démocratique du Congo. William Assanvo a évoqué les tentatives de coopération sécuritaires à l'échelle régionale. Puis, David Wanstall a présenté son analyse statistique et politique des coups d'Etat en Afrique, aboutissant à plusieurs conclusions inattendues. Au total, une trentaine de conférenciers se sont succédé au cours d'une journée dense et fructueuse. Des contacts se sont noués et des rendez-vous ont été pris pour l'an prochain. L'ouverture d'esprit et le franc-parler ont permis de montrer des chercheurs, des décideurs et un commandement de l'armée suisse en pleine transformation, en avance sur son image.
Rédaction RMS Soumis par Ludovic Monnerat le Lun, 2010-03-08 11:31
|