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Un porte-avions bien coûteux

L'Inde croyait avoir fait une bonne affaire en rachetant le porte-avions russe Gorskhov pour une somme d'un milliard de dollars, couvrant une remise à jour complète du navire en vue de son entrée en service l'an dernier. Au bout du compte, la facture finale devrait atteindre 2,35 milliards de dollars, et l'attente devrait se prolonger jusqu'en 2012. L'état piteux du porte-avions de 44'000 tonnes, mis hors service en 1996, mais aussi la complexité d'une remise à neuf et l'incurie des chantiers navals russes expliquent ce deal bien moins intéressant.

La volonté de pays comme l'Inde ou la Chine de développer une composante aéronavale moderne, fût-ce en recourant à des expédients faute de maîtriser toute son enveloppe technologique, est bien entendu à la mesure de leurs intérêts stratégiques dans la sécurisation des voies de navigation et dans la protection des eaux territoriales, sans parler d'éventuels conflits armés. La puissance armée utilisable et projetable d'une nation reste ainsi en grande partie liée aux capacités propres à un groupe aéronaval complet.

Au début des années 2000, face à la montée en puissance des pays en développement, on pensait souvent que la Chine et l'Inde allaient disposer au milieu des années 2010 d'une flotte de haute mer complète, comprenant notamment des porte-avions capables de remplir les missions de surveillance, de protection, de dissuasion et d'intervention que l'on prête à ces navires. Aujourd'hui, face aux déboires de la marine  indienne et malgré les efforts immenses menés dans l'ombre par son homologue chinoise, cette projection paraît devoir être largement reportée dans le temps.

Soumis par Ludovic Monnerat le Dim, 2010-03-14 19:37