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L'armée engagée en appui à Montreux

Avec l'approbation aujourd'hui du Conseil des États sans aucune opposition, l'engagement de l'armée au profit des autorités civiles dans le cadre du Sommet de la francophonie, qui aura lieu du 20 au 24 octobre prochains à Montreux, est définitivement approuvé. Au total, jusqu'à 6500 militaires peuvent être engagés, avant tout dans la protection des bâtiments et des personnes, dans la sécurité de l'espace aérien et dans la logistique. Le coût de cette contribution militaire est devisé à 4 millions de francs.

Ce type d'engagement subsidiaire en Suisse est désormais une prestation bien rôdée, qui permet l'organisation et la sécurisation d'événements importants pour lesquelles les ressources civiles sont, qualitativement comme quantitativement, insuffisantes. On se rappelle qu'en mai-juin 2003, à l'occasion du Sommet du G8 à Évian, l'armée avait engagé avec succès quelque 5600 militaires dans des tâches d'appui, de surveillance et de garde (opération "COLIBRI). Chaque année se déroule en outre un engagement comparable pour la sécurisation du forum écononomique mondial de Davos (WEF) ; le dernier en date, en janvier et février, avait une limite d'effectifs fixée à 5000 militaires.

Ces engagements ponctuels sont chaque fois une bonne occasion pour l'armée de démontrer un savoir-faire unique dans la maîtrise des espaces, terrestre comme aérien, ainsi dans les domaines transversaux (logistique, aide au commandement). L'habitude de ces engagements et le fait qu'ils soient les seuls d'une certaine envergure font cependant courir le risque de comprendre l'armée comme un réservoir de prestations à disposition selon les besoins, et non comme un outil conçu pour faire face aux menaces stratégiques de nature conflictuelle. Pour de nombreux décideurs, ce risque est du reste déjà devenu réalité...

Soumis par Ludovic Monnerat le Mar, 2010-06-08 15:06