RevueOdyssée 01
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la manœuvre de Mouammar Khadafi, annonçant un cessez-le-feu puis lançant toutes ses forces dans la bataille, pilonnant et ouvrant une tête-de-pont dans Benghazi, tout en demandant une réunion urgente du Conseil de Sécurité de l'ONU et l'envoi d'observateurs. La France a « grillé le départ » de l'opération, dans le but d'empêcher Khadafi de mettre la Coalition devant un fait accompli. Dès 11h00 samedi 19.03.2011, deux Rafale ont décollé de Saint-Dizier, pour effectuer une mission de reconnaissance (pod reco-NG, 6 Mica, 2 réservoirs de 2'000 l subsoniques) ; quatre autres (6 Mica, 3 réservoirs de 1'250 l supersoniques) les ont suivi pour assurer la supériorité aérienne. A partir de 15 heures, deux Mirage 2000 D et deux Mirage 2000-5 ont décollé de Nancy et de Dijon, pour effectuer respectivement des actions d'attaque au sol (CAS) et de chasse (CAP). Au total, une vingtaine d'appareils ont été engagés. Les vols de reconnaissance ont pu notamment servir à la préparation de missions d'attaque, ainsi qu'à la navigation et au ciblage des missiles de croisière. Les premières frappes contre des buts terrestres ont eu lieu dès 17h45, contre des véhicules blindés, faisant état d'un à quatre véhicules détruits. Durant la nuit, 110 missiles de croisière TLAM (Tomahawk Land Attack Missile) ont été tirés par quatre sous-marins américains (USS Florida, USS Newport News, USS Scranton, USS Providence), un sous-marin britannique (HMS Westminster), ainsi que deux destroyers de l'US Navy (USS Stout et USS Barry). Au moins un raid aérien a été mené également avec quatre Tornado GR4A partis de la base de RAF Marham, chargés chacun de deux missiles de croisière Storm Shadow et de contre-mesures électroniques. Ces moyens auraient neutralisé vingt des trente-et-une bases de missiles de défense sol-air libiennes. Ce matin, les opérations aériennes doivent s'intensifier. En effet, on compte désormais sur la disponibilité d'autres appareils de la coalition, notamment 7-8 CF-18 canadiens, 4-6 F-16 danois, norvégiens et belges. Le porte-avions nucléaire français Charles de Gaule appareillera ce midi, avec à son bord 8 Rafale F2 et 6 Super Etendard Modernisés (SEM). La matinée devra déterminer l'efficacité des frappes jusqu'ici, et pourrait voir une intensification des actions visant à neutraliser ou à détruire les systèmes de défense aérienne libyens.
Alexandre Vautravers Soumis par Alexandre Vautravers le Dim, 2011-03-20 09:55
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